> Soirée cirque Second Square

forain contemporain

Trois spectacles à découvrir sous la halle du Carreau du temple, trois soli, trois artistes, trois agrès imaginés sur mesure. Roues folles et fils aériens, vitesse et précision. Trois propositions envoûtantes. 

► LA MARCHE - Mathurin Bolze

Artiste circassien français des plus reconnus, notamment pour avoir su mettre son incroyable technicité au bénéfice de l’onirisme de ses univers, Mathurin Bolze explore ici, au cœur de la grande roue qu’il maîtrise à merveille, toutes les questions du cheminement.

De La Marche émane ainsi un climat qui donne à contempler un mouvement sur place, à plonger dans une introspection, un jeu avec l’espace-temps, une brèche poétique.

Ici, l’artiste habite les mots de Frédéric Gros dans l’anthologie qu’est La Petite Bibliothèque du marcheur, là, il flotte au creux des sonorités mystérieuses du piano des Gnossiennes d’Erik Satie. Chemin faisant, il butine, de flâneries en courses folles. « La marche, c’est tellement humble et pauvre, tellement lent aussi. Après tout, marcher, tout le monde sait faire, ça n’intéresse personne. Et pourtant, rien que marcher, ça vous révèle un homme. », Frédéric Gros.

De et avec Mathurin Bolze - Création sonore : Jérôme Fèvre - Mise en lumière : Joël L’Hopitalier

► INSTANTE - Juan Ignacio Tula

Il est impressionnant. Artiste circassien et danseur, virtuose de la roue Cyr, Juan Ignacio Tula propose, muni de ce cercle d’acier (qui ressemble, en plus grand, à un cerceau de hula hoop, mais ne pèse pas moins de 15 kilos !), qu’il connaît par cœur, une danse inouïe où ils ne font qu’un. Il y ajoute un accessoire qu’il fait vibrer de toutes les utilisations visuelles possibles : une couverture de survie.

Il pénètre sa roue tout autant qu’elle l’habite, d’une circularité implacable, la conduit jusqu’à l’épuisement total de son propre corps, évoquant voluptueusement le point commun de toutes les danses du monde, à savoir leur rapport au circulaire. Des Tangos aux Derviches tourneurs, les danses ancestrales atteignent à une extase mystique. Ici, le mouvement giratoire perpétuel modifie la perception de l’espace et du temps. Ouvrant symboliquement les portes d’une nouvelle réalité, l’artiste franchit le portail d’une connexion avec le sacré.

De et avec : Juan Ignacio Tula - Création lumière : Jérémie Cusenier - Création sonore : Gildas Céleste - Création costumes : Sigolène Petey

► FILEUSE - Cie Lunatic

A la fois spectacle aérien, installation plastique et immersion sonore, Cécile Mont-Reynaud tisse un espace vertical et sensible hors normes.

Solo aérien, Fileuse est un journal intime donné à lire à la verticale, comme un corps qui mue et nous livre l’intimité d’une femme, révélant les imaginaires nichés dans son corps d’acrobate. Accrochée à ces murs de cordes « fileuses » telles des peaux ou des feuilles de papier - pages de vie qui s’écrivent, se tournent et recommencent - elle évoque les cycles de vie, ses choix et questionnements, le temps qui passe, et la relation intime qu’elle - et chacun - entretient avec son corps. Par le biais d’un dispositif acousmatique créé par le compositeur et metteur en scène Wilfried Wendling, le son prend l’espace, nous enveloppe, habite le mouvement qui entre en dialogue avec les mots vibrants de la poète Laurence Vielle - mettant en résonance les espaces et les imaginaires du corps, du dedans et du dehors.

Mise en scène et interprétation : Cécile Mont-Reynaud - Ecriture et interprétation des textes (voix off) : Laurence Vielle - Dispositif acousmatique / composition : Wilfried Wendling - Scénographie : Gilles Fer - Son : Thomas Mirgaine - Assistant à la mise en scène : Volodia Lesluin - Collaborations artistiques : Yumi Fujitani et Anouck Rouquès - Costume : Mélanie Clénet - Administration & production : Corentine Poncet